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25 mai 2021

Virginie, juriste

Article

Du lundi au vendredi, les juristes de France Victimes 44 Nantes* (spécialisée en droit pénal) délivrent sur rendez-vous des réponses en lien avec le dépôt de plainte, la séparation, le droit de garde, le logement… et accompagnent les femmes à mieux comprendre les démarches et mesures judiciaires.
Découvrez l’interview de Virginie, juriste chez France Victimes 44 Nantes.

De quelle façon intervenez-vous à Citad’elles ?

Mon rôle est de transmettre aux femmes victimes de violences toutes les informations juridiques dont elles ont besoin, en matière pénale. J’interviens dans le cadre d’entretiens individuels d’une heure. Notre mission, c’est de les écouter, et de répondre à leurs questions. Mais nos échanges peuvent aussi conduire à mettre des mots sur une relation de couple empreinte de violences.

Quels sujets abordez-vous le plus souvent avec elles ?

Assez souvent, les questions s’orientent sur le dépôt de plainte : comment faire, comment anticiper les suites ? Je peux aussi être amenée à leur parler des délais de prescription. Mon rôle, quel que soit le type de violences subies, c’est de leur transmettre le maximum d’informations, pour éviter les mauvaises surprises. Par exemple, je leur explique que le temps d’instruction peut malheureusement ne pas être aussi rapide que ce qu’elles espèrent.

Quelle est la particularité du public que vous rencontrez à Citad’Elles ?

Je dirais d’abord les degrés de violence auxquelles ces femmes font face. Il n’y a pas de limite, je ne serai jamais « blindée » contre cela. Mais les violences conjugales sont aussi spécifiques parce qu’en sortir implique une remise en cause globale pour les victimes. Famille, logement, emploi, organisation personnelle, il faut tout revoir. Nous voyons aussi une forte proportion de victimes de viols, avec lesquelles nous travaillons sur la preuve et le sens qu’elles donnent à la plainte. Compte tenu de l’absence de poursuite possible, elles le font également pour aider d’autres potentielles victimes, au-delà d’obtenir une condamnation de leur agresseur et la réparation de leur préjudice.

Le confinement de mars 2020, vous vous en souviendrez comme de moments…

…qui ont enflammé des situations déjà très tendues dans les foyers. Le télétravail avait par ailleurs l’avantage pour elles de nous savoir disponibles assez vite sans avoir à se déplacer, mais cela a pu aussi compliquer notre capacité à évaluer la gravité de la situation. D’autant que nous ne savions jamais si nous les appelions au bon moment, si monsieur était à côté, ou les enfants.

Quel objet incarne le mieux votre activité (cf photo) ?

Un carnet et un stylo, avec lequel je note tout ce que me livrent les femmes que je rencontre.

Quelle personnalité vous inspire ?

Christiane Taubira, pour son parcours, que je trouve assez extraordinaire, entre la Guyane et la métropole. J’admire son énergie et sa détermination à mener des combats au nom de la Justice.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux femmes qui nous lisent ?

Ayez toujours confiance en votre jugement. Et croyez en l’avenir : vous disposez de toutes les ressources pour prendre les bonnes décisions.

Souhaitez-vous partager une ressource autour de la question des violences ?

Sur mon temps personnel, et c’est un positionnement qui ne tient qu’à moi, je ne regarde ou n’écoute que peu de choses directement liées aux violences. Ce qui ne m’empêche pas de lire ou d’écouter les avis publiés avec un profond intérêt. J’ai donc envie de citer le film « Les Chatouilles », d’Andréa Bescond et Eric Métayer.

* France Victimes est un réseau de 132 associations qui ont pour missions l’écoute, l’information juridique, le soutien psychologique et l’accompagnement des victimes d’infractions pénales en France.