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12 mai 2021

Sarah-Lou, coordinatrice de jour

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Les coordinatrices de parcours sont chargées jour et nuit de l’accueil et du suivi des femmes victimes de violences. Comment ? En faisant le lien avec l’ensemble de l’équipe, avec les professionnel.les qui interviennent sur place, et avec les actrices et acteurs du territoire. En étant leur référente, elles évitent aux femmes d’avoir à répéter leur histoire, et garantissent la cohérence de leur accompagnement.
Découvrez l’interview de Sarah-Lou, coordinatrice la journée.

Comment intervenez-vous à Citad’Elles ?

Ça dépend ! Si nous sommes du matin (6h-14h) ou du soir (13h-21h), notre mission est d’assurer les entretiens de premier accueil, les urgences. Nous rencontrons toutes les femmes qui arrivent pour la première fois, sans rendez-vous. Pendant environ une heure, nous faisons connaissance, prenons des notes sur leur histoire, leur expliquons le fonctionnement du lieu. Nous centralisons toutes ces informations, pour qu’elles n’aient plus à les répéter. Elles formulent aussi la raison de leur venue : souhaitent-elles s’engager dans un parcours, c’est-à-dire rencontrer des professionnel.les qui interviennent à Citad’elles (psychologues, juristes, sage-femme, art-thérapeute…) ? Où en sont-elles de la prise de conscience autour des violences ? En fonction de tout cela, nous engageons les actions les plus adaptées.

Quelles questions vous posent-elles le plus souvent lors de ces premiers rendez-vous ?

Très souvent, elles viennent pour obtenir des informations juridiques. Divorce, garde des enfants, accès au logement… Elles connaissent très peu leurs droits, s’imaginent parfois qu’elles en ont peu, ou que monsieur en a plus qu’elles, en cas de violences conjugales. Les questions autour du dépôt de plainte sont fréquentes aussi. Et les demandes de suivi psychologique, pour elles et pour leurs enfants.

Et quand vous n’assurez pas ce premier accueil, quelle autre forme prend votre activité ?

Celle du suivi des femmes accompagnées dans le cadre de Citad’elles, et du lien tissé avec les différents intervenant.es. Certaines n’échangent qu’avec les coordinatrices, quand d’autres multiplient les rendez-vous avec nos partenaires. Certaines vont venir une fois par mois, d’autres toutes les semaines. C’est très variable. Le travail des coordinatrices, c’est de s’adapter à chaque profil, et de fluidifier les échanges entre tout le monde.

Qu’est-ce qui est essentiel, dans votre métier ?

Je dirais la bienveillance, l’écoute attentive, le climat de confiance. Venir à Citad’elles, c’est déjà un premier pas considérable pour ces femmes. A nous de créer l’espace dans lequel elles se sentent libres de parler de tout.

A quelles formes de violences êtes-vous confrontée ?

Les violences conjugales, en majorité. Mais nous rencontrons aussi des femmes victimes d’inceste, de viols, de harcèlement au travail, de violences de la part de leurs parents ou de leurs enfants…

Où travailliez-vous avant de devenir coordinatrice de parcours à Citad’elles ?

J’ai travaillé auprès de mineurs non accompagnés, dans une association nantaise. Dans des foyers d’urgences par exemple, où j’assurais l’accueil de ces jeunes. J’ai aussi collaboré avec l’amicale du Nid, à Paris, qui accompagne des personnes en situation de prostitution.

Quelle personnalité vous inspire ?

Ma grand-mère. Elle est très secrète sur son histoire, mais je sais qu’elle a vécu une enfance très difficile, et malgré tout, elle a su se reconstruire et fonder une famille très soudée. J’ai même appris il y a cinq ans qu’elle avait créé un atelier de réinsertion pour des femmes en grande précarité. Elle est modeste et n’en parle pas. Moi, je suis très fière d’elle.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux femmes qui nous lisent ?

Vous n’êtes pas seules ! D’autres femmes vivent des situations de violences, et trouvent les ressources pour en sortir. Citad’elles est ouvert 24h/24 et 7j/7 pour vous accompagner, si et quand vous le souhaitez.

Pensez-vous à une ressource grand public pour sensibiliser aux violences ?

Je suis en train de regarder la série « En thérapie », d’Eric Tolédano et Olivier Nakache. Je trouve intéressant de dédramatiser le suivi psychologique : non, il ne faut pas être fou pour suivre une thérapie ! Ça contribue à libérer la parole. Et puis il y est question d’impact des violences et de stress post-traumatique, notre quotidien à Citad’elles.