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28 juin 2021

Maud, conseillère en santé sexuelle

Article

Prendre de soin de sa santé à Citad’elles, c’est pouvoir bénéficier d’un accompagnement médico-psychologique adapté au psycho-traumatisme des victimes. Le Planning familial assure une permanence bimensuelle de rendez-vous individuels autour de la santé sexuelle, et des actions de sensibilisation collectives mensuelles.
Découvrez l’interview de Maud, conseillère conjugale et familiale au Plannning familial 44.

Comment intervenez-vous à Citad’elles ?

J’interviens avec deux autres collègues, en tant que conseillère conjugale et familiale. Au cours des entretiens individuels, nous répondons aux questions que les femmes se posent sur leur santé sexuelle. Il peut s’agir de sexualité, de contraception, de libido, de grossesses désirées ou non, d’éventuelles démarches pour une interruption volontaire de grossesse… Les violences qu’elles ont vécu ont un impact sur cette partie-là aussi de leur vie.

Par ailleurs, notre expertise permet d’accompagner les prises de conscience, en cas de viol par exemple. Nous voulons que ce temps soit un espace de parole libre, confidentiel, sans jugement. Chacune vient avec son histoire et sa façon de vivre, et nous respectons les choix de toutes.

Lors des ateliers collectifs, que se passe-t-il ?

Ces ateliers de deux heures sont coanimés avec Lucile, la sage-femme qui intervient à Citad’elles. Nous y abordons des thèmes très variés, comme le tabou des règles, les choix de contraception, la prévention des cancers du sein et de l’utérus ou le plaisir et la sexualité. Nous y accueillons une dizaine de femmes, hors restriction sanitaire, avec lesquelles nous échangeons. Le fil rouge, c’est la question du consentement, y compris dans l’animation et les échanges : personne n’est obligé de prendre la parole, tout le monde respecte la parole de l’autre.

Quelle est la particularité du public que vous rencontrez à Citad’elles ?

Personnellement, je n’étais pas certaine que les femmes de 20 à 30 ans allaient s’emparer de ce lieu aussi vite. C’est très bon signe : cela montre bien que les mouvements comme #MeToo, ou plus récemment #MeTooInceste aident à prendre conscience qu’en cas de violences, on peut s’en sortir seule, mais qu’on ne doit pas hésiter à solliciter les professionnelles disponibles.

Quelles ont été vos premières impressions en découvrant Citad’elles ?

C’était fin novembre 2019, pour ma première intervention. J’ai trouvé la sécurisation du lieu assez impressionnante, et donc très rassurante pour les femmes. Et je me suis dit qu’en tant que professionnelle, les conditions de travail dans cet espace neuf, grand, et lumineux allaient être agréables, ce qui n’est pas négligeable !

Le confinement de mars 2020, vous vous en souviendrez comme de moments…

… pendant lesquelles certaines femmes se sont retrouvées sans échappatoire, dans des situations de violences ou d’aggravation des violences dans leurs foyers. C’était compliqué, dans cette période, de savoir ce qu’on avait le droit, ou non, de faire. Je crois que, de ce point de vue, les associations et les réseaux sociaux ont permis de diffuser largement le message selon lequel on pouvait fuir sans attestation, par exemple. Nous ne sommes pas intervenues à Citad’elles pendant cette période, mais avons repris nos activités dès que nous avons pu, en mai.

Quelle personnalité vous inspire ?

Elles sont plusieurs ! Je pense à la militante et activiste Caroline de Haas, par exemple, fondatrice de #NousToutes, qui avec d’autres relaie de l’actualité, des chiffres, des éléments juridiques sur les violences sexuelles. Le collectif propose même des formations gratuites en ligne, j’ai été impressionnée par le nombre de personnes qui suivaient les sessions.

L’ethnologue Françoise Héritier a aussi une place très importante dans mon parcours, pour tout ce que ses travaux apportent sur la déconstruction du masculin et du féminin, depuis la Préhistoire.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux femmes qui nous lisent ?

On entend souvent dire que la parole se libère, comme si les femmes étaient passives dans ce mouvement : ce qui se passe, c’est que les femmes prennent la parole, de façon hyper courageuse. Simone de Beauvoir a dit : « Nommer c’est dévoiler, et dévoiler, c’est déjà agir ». Commencer à parler, c’est déjà énorme.

Souhaitez-vous partager une ressource autour de la question des violences ?

« Au-delà de la pénétration », de Martin Page. C’est un livre dont je conseille fréquemment la lecture aux femmes et aux hommes, qui est écrit par un auteur hétérosexuel qui cherche à déconstruire notre regard sur la sexualité.

Dans le même ordre d’idée, on peut aussi écouter le podcast « Les couilles sur la table », de Victoire Tuaillon, sur les masculinités.

Le Planning familial est un mouvement féministe et d’éducation populaire, qui milite pour le droit à l’éducation à la sexualité, à la contraception, à l’avortement, à l’égalité des droits entre les femmes et les hommes et combat toutes formes de violences et de discriminations.